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Les maladies des valves cardiaques (valvulopathies) progressent avec le vieillissement de la population. Aujourd’hui, on estime à près de 30 millions le nombre de personnes atteintes dans le monde — un chiffre qui pourrait doubler d’ici 2050. En Europe, plus de 10% des personnes de plus de 75 ans seraient concernées par une valvulopathie modérée à sévère.
Le défi est double :
Parmi toutes les atteintes valvulaires, trois pathologies concentrent les enjeux actuels : rétrécissement aortique, insuffisance mitrale et insuffisance tricuspide — fréquentes, lourdes en hospitalisations, perte d’autonomie et coûts de santé.
L’histoire de la cardiologie structurelle moderne porte une date clé : 2002, avec la première implantation de valve aortique par voie percutanée (TAVI) réalisée au CHU de Rouen par Alain Cribier. Cette rupture a ouvert la voie à des traitements moins invasifs, adaptés à une population plus âgée et fragile, et a inspiré l’extension des approches percutanées vers d’autres valves.
Depuis 2002, plus de 4 millions de patients ont été traités par TAVI dans le monde — avec plusieurs centaines de milliers d’actes chaque année.
Cet héritage d’innovation n’est pas un “passé glorieux” : c’est une méthode, une culture et une exigence. Et c’est précisément ce que le projet stratégique 2026–2030 veut amplifier.
Le cap est clair : en 2030, l’Institut veut contribuer à une prise en charge des valvulopathies plus précoce, plus personnalisée et plus centrée sur le patient, grâce à la convergence entre recherche, technologies et expertise clinique. L’objectif : réduire la mortalité évitable et améliorer la qualité de vie — et faire en sorte que chaque progrès scientifique devienne un bénéfice concret pour les patients.
Le projet stratégique s’organise autour de cinq ambitions complémentaires :
Ces engagements reposent sur des principes transversaux : équité d’accès, interdisciplinarité, et convergence clinique–recherche–technologie.
Un modèle “intégré” : soin – recherche – formation – sensibilisation
L’enjeu n’est pas seulement d’innover “dans un coin” : c’est de rendre le parcours plus lisible, plus rapide et plus équitable, en réduisant les retards de diagnostic et les variations territoriales.
Le socle scientifique s’appuie notamment sur l’Inserm via l’UMR 1096 ENVI, dirigée par Jérémy Bellien, avec une expertise sur endothélium, fibrose, calcification et insuffisance cardiaque — essentielle pour comprendre les mécanismes de progression des valvulopathies et ouvrir de nouvelles pistes thérapeutiques.
Le Medical Training Center (MTC) est un atout majeur : simulation haute-fidélité, anatomie, retransmission de procédures, formations multidisciplinaires, facteurs humains et sécurité — autant d’éléments devenus clés en cardiologie structurelle.
Le projet assume une dimension de santé publique : mobiliser associations, acteurs territoriaux, décideurs et autorités sanitaires pour faire reconnaître l’enjeu, améliorer le repérage précoce et diffuser les bonnes pratiques.
L’Institut s’appuie sur un noyau hospitalo-universitaire réunissant le CHU de Rouen, l’Université de Rouen Normandie, l’Inserm et le Medical Training Center — et s’étend à un réseau de partenaires nationaux et internationaux, issu notamment des dynamiques RHU/FHU.
Côté méthode : une feuille de route pluriannuelle, des jalons, et un tableau de bord d’indicateurs couvrant soin, recherche, formation et sensibilisation (délais d’accès, production scientifique, volume de formation, publics touchés, participation des patients…).
Le projet 2026–2030 vise des bénéfices très concrets :
Le développement de l’Institut repose aussi sur une politique de mécénat structurée, complémentaire des financements publics et compétitifs, pour accélérer des initiatives à fort impact (recherche, innovation, formation, sensibilisation), dans un cadre éthique et transparent.
Le projet stratégique 2026–2030 porte une ambition simple à formuler, exigeante à réaliser : réunir soin, recherche, formation et innovation autour d’une conviction centrale — placer le patient au cœur de chaque avancée — et faire de l’Institut un acteur de référence en France, en Europe et à l’international.